Jean Lurçat
est un peintre, céramiste et créateur de tapisserie français,
né à Bruyères (Vosges) le 1er juillet 1892 et mort à Saint-Paul-de-Vence le 6 janvier 1966.
Je te parle ici de l'une de ses Tapisseries
La grande menace
Jean Lurçat
1957
440x900 cm
Atelier Tabard, Aubusson
Première tapisserie du « Chant du monde » (1957-1966)
Atelier Tabard, Aubusson
Première tapisserie du « Chant du monde » (1957-1966)
La "grande menace", c'est le danger nucléaire incarné par un aigle déployant ses ailes au-dessus de la Terre. Celui-ci lâche une bombe sur notre
planète, symbolisée par un cercle sur lequel on peut reconnaître de grandes capitales (clochers à bulbes de Moscou, Tour Eiffel de Paris, gratte-ciels de New York, pyramides du Caire, pagode
de Pékin, temple antique d’Athènes ou Rome). A travers les flammes d’une explosion, on peut lire "HIROSHIMA". Sous la Terre, un volcan est en éruption. Jean Lurçat matérialise ici l’idée que
« le monde vit sur un volcan ».
A droite, un homme au gouvernail d’un bateau s’éloigne de la menace en emportant diverses espèces animales. La plupart sont en grisaille. Elles sont contaminées par le buffle qui répand des flammes, symboles des retombées atomiques.
A droite, un homme au gouvernail d’un bateau s’éloigne de la menace en emportant diverses espèces animales. La plupart sont en grisaille. Elles sont contaminées par le buffle qui répand des flammes, symboles des retombées atomiques.
Cependant, une note d’espoir se dessine. Trois animaux se distinguent et semblent veiller au destin de l’homme et de son embarcation : le chien, la chouette et le coq, symboles respectifs de loyauté, de sagesse et d’espoir. A l’avant du bateau, un cep de vigne prend pied et semble indiquer que la vie renaît.
Avec ce navire recueillant les diverses espèces de la création, Lurçat recourt ici à une référence biblique, l’épisode du Déluge et de l’arche de Noé dans la Genèse. Imprégné de la culture judéo-chrétienne, il s’en inspire dans sa création.
On découvre également ici la richesse de son bestiaire.