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Lorsque nous étions enfants  .....

et qu'il pleuvait comme il pleut aujourd'hui, je parle dans les années 1949 - 50 - 51 , nous attendions une acalmie et nous partions, avec un grand sac de jute, dénicher les escargots dans les chemins creux derrière La Maison . Il fallait fouiller dans l'herbe mouillée . C'est un temps que les petits-gris affectionnaient pour faire une lente promenade .

Notre père les faisait "jeûner" dans une profonde caisse en planches très légèrement disjointes dont il recouvrait l'ouverture d'un grillage . Il mettait de la frigoule (farigoule = thym) et un peu de farine . Cette opération leur donnait du goût : c'était le rôle du thym, et leur nettoyait l'intestin : c'était le rôle de la farine . Les escargots grimpaient le long de planches et du grillage en laissant des traînées argentées et leurs déjections .

Lorsque les "cacalaouses" avaient suffisamment "jeûné, c'était déjà Noël . Notre mère préparait alors le plat traditionnel provençal . Il fallait tout d'abord laver les escargots à grande eau : plusieurs fois, dans plusieurs eaux : c'est important ! et puis ... j'ai retrouvé dans "Vièii recèto de cousino prouvençalo"  - le "o" se prononce entre le son "o" et le son "e", plus "e" que "o" - "Vieilles recettes de cuisine provençale" de CALIXTINE CHANOT-BULLIER aux Editions de P. TACUSSEL, des recettes de cuisson et de préparation des escargots. Maman les combinaient savamment  pour le repas de fin d'année .

Au moment de déguster,on nous donnait à chacun une grosse aiguille à laine à repriser les chaussettes . Nous les tirions habilement de leur coquille et sucions bruyamment la sauce .  Quelle saveur, quel régal !

 

Voici :

recette escargots

 

Notre mère mettait les anchois , bien sûr, mais omettait l'aïoli !

Aujourd'hui, quand je veux manger des escargots à la provençale, je vais les dénicher sur les étagères d'un Super Marché ... A moins que j'ai le bonheur d'en trouver des "faits Maison" sur les étals des Halles .. Mais où sont  parfum de la cuisson, odeur des bûches dans la cheminée ou le fourneau, se mêlant à celui de la frigoule, des anchois, du vinaigre, des herbes de Provence ? Où le goût des repas de famille nombreuse, enchevêtré aussi dans les Noëls de SABOLY que nous chantions ?

Le parfum "des limàcoun à la prouvençàlo" ne pourrra que surgir de ma mémoire le temps d'un concert, et ma mémoire , le temps d'une pluie ...

 

Nota : autre recette http://www.etymologie-occitane.fr/wp-content/uploads/2012/02/Recette-cacalausado3.pdf

 

 

Tag(s) : #La Marmotte se souvient