Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ah ! mais si l'on m'avait appris à lire Shakespeare de cette façon !   ....  

Je crois que j'aurais aimé  !

Le Capitaine Haddock - (voir le générateur d'insultes dans le menu déroulant ci-joint sur ta droite P.0) - de Tintin et Milou, c'est de la petite bibine à côté de William S.


Je me souviens – et je ne suis probablement pas la seule à m’en souvenir – avoir commencé la soutenance de ma thèse consacrée à l’injure shakespearienne en débitant à mon jury un énorme chapelet d’insultes. Ces injures monumentales ........
.....

Dans Henry iv, l’injure est jeu de langue et son espace est la taverne.

Après avoir installé l’injure comme mode d’adresse privilégié au cours des deux premiers actes, Shakespeare nous offre un véritable combat d’injures comique au cours de l’acte ii, scène iv
.....
Plaisanter est un jeu dangereux
.....
après avoir mis en scène tous les jeux de l’injure sans effet, Shakespeare nous montre à la fin d’Henry iv l’effet le plus extrême que peut avoir l’injure. C’est sur une scène d’injure que se ferme la pièce. S’ils n’en ont pas la forme, les mots du Roi en ont diablement l’effet. On mesure ici encore tout le « jeu », toute l’ambiguïté d’une langue qui n’émet que du vent mais peut aussi tuer. En recourant à son sport favori qu’est la plaisanterie, Falstaff ne parvient qu’à amortir provisoirement la violence que lui inflige le roi. Les paroles du roi sont telles que même ce glouton de Falstaff ne peut les digérer. Ces mots lui resteront en travers de la gorge, en travers du gosier. C’est un Falstaff meurtri qui quitte la scène :
un combat de boxe verbal qui laisse Falstaff à bout de souffle, le fait probablement suer à grosses gouttes

https://shakespeare.revues.org/713

Sir John Falstaff peint par Eduard von Grützner (huile sur toile, 1921)

Sir John Falstaff peint par Eduard von Grützner (huile sur toile, 1921)